Retour sur le brame 2011 : un grand cru

•8 octobre 2011 • 1 Commentaire

Ce cru 2011 du brame restera pour moi comme une synthèse de tout ce que je recherche dans ces moments de nature.

J’ai été impressionné, à ma dernière visite, par ce grand et gros cerf qui s’est approché à moins de 5 mètresdans ce taillis très serré. Je sais qu’il ne se passera rien, au bout de toutes ces années d’approche… Je le sais, mais je me suis surpris à me planquer derrière le viseur, le cœur battant, retrouvant les sensations de mes premiers brames…

Une autre fois je n’ai pas vraiment eu le temps d’avoir peur, quand un autre de ces mastards, refusant le combat, chassé par un adversaire, s’est envolé à côté de moi, retombant avec fracas sur le bouquet de chênes voisin de celui sous lequel j’étais accroupi… Excitante piqûre d’adrénaline qui irradie à l’intérieur.

Et puis les moments de partage avec les compagnons d’approche, hein Gilles, ce magnifique 12 cors au point du jour, qui vient nous voir à l’issue d’un savant rampé !

Je n’oublierai pas non plus l’approche avec toi, Camille, et ton père, mon vieil ami, unis tous les trois dans la même progression, rite initiatique du brame.

Approche naturaliste, acte de possession d’un braconnier d’images, démarche spirituelle, quête de l’animal-totem ? Tout cela à la fois.

Quelques inédits de cette saison de brame :

Cela faisait plusieurs jours que je voulais te voir, toi et ton brame si grave, je n’ai pas été déçu !

 

Est-ce au cours d’un combat, ou en te frottant au tronc rugueux d’un chêne, que tu t’es blessé à l’œil ?

 

J’offre une photo dédicacée à qui pourra me dire ce que ce jeunot a ramassé dans ses bois

 

Au cours d’une pause entre deux approches… Il n’y a pas que les cerfs

 

Rendez-vous à l’année prochaine, mais que cette saison de brame fut riche en émotions !

 

Premières émotions au brame du Cerf

•2 octobre 2011 • 4 Commentaires

La petite main tient fermement la mienne alors que nous avançons doucement dans la végétation serrée du taillis. A quelques dizaines de mètres, les cerfs invisibles se toisent, entre éructation bovine et rugissement… Combien j’en connais qui n’étaient pas rassurés, pour leur première expérience du brame !

Camille, 7 ans, tranquillisée par la présence de son père, applique à la lettre les consignes de progression. Tout à l’heure, un élégant daguet, haut sur pattes, est passé calmement à une dizaine de mètres sur notre gauche ; plus tard, c’est un faon qui viendra se camper juste devant nous trois, atténuant de sa grâce juvénile l’inquiétude de ces instants sauvages.

Courses feutrées dans le taillis, brames furieux, odeurs fortes des bêtes, comme des réminiscences de grande faune africaine, ces moments s’inscriront durablement dans le disque dur de ta mémoire, petite fille courageuse…

C’est ton premier cerf au brame, petite Camille ! Lever de soleil, le 2 octobre 2011

 

Bambi à la mouche ; cette fois ce n’était pas un film de Walt Disney

 

Tu n’étais pas rassurée, quand il s’est approché de nous…

 

Encore une belle matinée de brame, pour une première, ce fut une grande première !

 

 
 
 
  
 

12 cors au Pays de Haute Provence

•27 septembre 2011 • 1 Commentaire

Les feuilles de calcaire sonnent clair sous les souliers, comme les lames d’un xylophone. Il fait encore nuit, et je crois que nous allons réveiller toute la montagne. Plus loin là-bas, par delà les vallées, je devine d’autres cerfs familiers qui poussent leur raire sous le rougeoiement du vaste ciel.

Alors que les pensées me transportaient vers les sanctuaires  alpins, ce Cerf de Haute Provence est venu ce matin nous dire qu’ici comme ailleurs, grâce et sauvagerie se donnent aux esprits libres et curieux.

Ce 12 cors régulier est venu à notre rencontre. Haute Provence, le 27 septembre 2011

Merci à toi, Gilles, et à toi aussi Julien, esprits libres et curieux.

Au coeur de la harde

•23 septembre 2011 • 3 Commentaires

Il y a des moments dans la vie d’un chasseur d’images qui marquent plus que d’autres. C’est le cas quand tu arrives à pénétrer l’intimité d’une espèce, par l’affût, ou – plus rarement – à l’approche, sans dérangement notable.

Ce matin, j’ai passé près d’une heure et demie en compagnie d’une harde de biches et de son cerf. Après un départ de nuit, j’ai suivi tranquillement la progression des bêtes, puis j’ai pris mon temps pour approcher, à bon vent, cette troupe qui s’était remisée au cœur du taillis avec l’arrivée du soleil. Pour les derniers mètres, j’ai progressé sur les coudes et genoux sur une agressive pierraille calcaire. Dans ce milieu, les photos se méritent ! Puis il arrive un moment où il ne faut pas être gourmand ; derrière quelques buissons, j’étais alors aux premières loges pour assister au spectacle sauvage…

Le cerf bramait régulièrement en chassant avec fracas les jeunes mâles qui osaient s’approcher du périmètre de l’éclaircie au milieu des chênes. Biches et jeunes de l’année broutaient paisiblement, secouant leurs grandes oreilles pour chasser les mouches encore pénibles en cette fin septembre.

Cela faisait déjà plusieurs dizaines de minutes que j’étais en place, sans bouger, le nez derrière le viseur, quand j’ai senti une présence à ma gauche… tournant tout doucement la tête, je vis un faon qui vint se coucher à 3 – 4 mètres… Il est resté une heure à côté de moi, pendant que j’observais le reste de la harde.

La chaleur s’intensifiant, tout ce petit monde a gagné progressivement des taillis plus touffus, en ubac. Mon petit faon est parti lui aussi ; je ne les ai pas suivis, dépliant mes genoux meurtris avec délectation et savourant l’instant.

Spéciale dédicace à toi qui connaît la valeur de ces moments…

Le daguet, chassé par le gros mâle, est arrivé droit sur moi ; surpris, il m’a laissé lui tirer le portrait

  

C’est pour des instants comme celui-ci que l’on passe des heures à crapahuter, depuis toutes ces années…

 

D’oreilles et de bois, Alpes de Haute Provence, le 23 septembre 2011

 

Cette biche avait deviné la forme cachée derrière les toiles de camouflage. Elle a eu l’obligeance de ne pas juger bon de sonner l’alarme.

 

Il est resté sagement couché près de moi toute la durée du spectacle

 

Le cerf pousse son brame au cœur du taillis, marquant sa domination sur le périmètre interdit

 

Plus tard dans la matinée, sur le chemin du retour, j’ai levé ce gros 16 cors

 

Epilogue d’un chapitre écrit dans le Queyras…

•11 août 2011 • 2 Commentaires

Ce matin, j’ai redécouvert avec plaisir les odeurs fortes de la Haute-Provence au cœur de l’été, le suint d’un troupeau de brebis gagnant son pâturage, une luzerne séchant en andains, les premières fumées aromatiques de la distillerie de Cruis. Ici, les odeurs témoignent d’un tissu rural encore vivant, d’une nature domptée par le travail des anciens comme par l’effort quotidien des jeunes qui s’installent encore, malgré tout.

Alors me sont revenues quelques images de ces huit saisons passées aux portes du Queyras, au cœur de cette nature montagnarde qui autorise plus qu’elle ne se soumet. Je n’ai pas manqué une seule de ses invitations, j’ai saisi ma chance de pouvoir vivre quelques instants de grâce supplémentaires, j’ai su aussi profiter des bons de sortie qu’elle m’a parfois généreusement octroyés.

Là-haut, prenant son envol lourd depuis une arête rocheuse, un Aigle en pleine mue a laissé derrière lui une rémige. Ce soir, la plume accrochée au schiste frissonne à la brise descendante, hésite à glisser dans le vide, les ombres s’étendent, le relief s’estompe. Un jour pourtant, aux premières lueurs, je remonterai sur cette crête du Queyras et je la trouverai.

C’est à l’issue d’une belle approche que je t’ai surpris, à plus de 2 300 m d’altitude. Ce jour-là, tu m’as laissé prendre 2 photos, pas une de plus - Queyras, le 23 septembre 2010

 

Avec les premières neiges de l’automne, ce fut le début de nos incursions à peaux de phoque – Pic de Foréant, le 4 novembre 2010

 

Et puis l’hiver s’est installé ; il a fallu batailler cette fois-ci, n’est-ce pas, Bernard ? Eypiol, le 17 novembre 2010

 

Faut-il se faire brasser comme ça pour se sentir vivre ? Gardiole de l’Alp un jour d’avril

 

Savoir renoncer… prendre le bon de sortie, pour éviter d’aller voir les diables qui se planquent plus bas. Couloir en baïonnette, le 21 janvier 2011

 

Un jour le printemps arrive… ça gratte ! Vers le Col Agnel, le 6 juin 2010

 

Petites murailles – Fort Queyras, juin 2011

 

Dernières balades… dernier rayon sur Montbarbon, le 18 juin 2011

 
 
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