Au coeur de la harde
Il y a des moments dans la vie d’un chasseur d’images qui marquent plus que d’autres. C’est le cas quand tu arrives à pénétrer l’intimité d’une espèce, par l’affût, ou – plus rarement – à l’approche, sans dérangement notable.
Ce matin, j’ai passé près d’une heure et demie en compagnie d’une harde de biches et de son cerf. Après un départ de nuit, j’ai suivi tranquillement la progression des bêtes, puis j’ai pris mon temps pour approcher, à bon vent, cette troupe qui s’était remisée au cœur du taillis avec l’arrivée du soleil. Pour les derniers mètres, j’ai progressé sur les coudes et genoux sur une agressive pierraille calcaire. Dans ce milieu, les photos se méritent ! Puis il arrive un moment où il ne faut pas être gourmand ; derrière quelques buissons, j’étais alors aux premières loges pour assister au spectacle sauvage…
Le cerf bramait régulièrement en chassant avec fracas les jeunes mâles qui osaient s’approcher du périmètre de l’éclaircie au milieu des chênes. Biches et jeunes de l’année broutaient paisiblement, secouant leurs grandes oreilles pour chasser les mouches encore pénibles en cette fin septembre.
Cela faisait déjà plusieurs dizaines de minutes que j’étais en place, sans bouger, le nez derrière le viseur, quand j’ai senti une présence à ma gauche… tournant tout doucement la tête, je vis un faon qui vint se coucher à 3 – 4 mètres… Il est resté une heure à côté de moi, pendant que j’observais le reste de la harde.
La chaleur s’intensifiant, tout ce petit monde a gagné progressivement des taillis plus touffus, en ubac. Mon petit faon est parti lui aussi ; je ne les ai pas suivis, dépliant mes genoux meurtris avec délectation et savourant l’instant.
Spéciale dédicace à toi qui connaît la valeur de ces moments…

Le daguet, chassé par le gros mâle, est arrivé droit sur moi ; surpris, il m’a laissé lui tirer le portrait







Je trouve la dernière photo tout simplement magnifique, je suis preneur d’un exemplaire papier pour accompagner mes journées dans mon bureau
Beau à pleurer. Tu ne devais plus savoir où regarder, enfin pas besoin d’en dire plus
Bravo pour ces photos. Elles sont splendides.